Église Réformée de France

15 au 30 avril : "Tirage au sort", par J-A Roetman

 

Tirage au sort

S’il y a peu de temps encore on accordait sa confiance dans les banques et sa méfiance aux politiques, aujourd’hui nous vivons une situation inverse. Le G20 (rencontre des 20 pays les plus riches de la planète) qui s’est tenu récemment à Londres se veut rassurant. Les hommes politiques s’engagent pour mieux régulariser le monde financier, afin de relancer sur des bases nouvelles l’économie mondiale. Aujourd’hui la confiance se dirige vers les politiques. La méfiance, pour l’instant, se situe du côté du monde de la finance, qui a petit à petit quitté le monde de l’économie réelle pour risquer des jeux virtuels de spéculations financières.

L’Evangile de Jean, dans son récit de la Passion, nous relate comment les soldats, après avoir crucifié Jésus, ont tiré au sort pour désigner celui à qui les vêtements du Christ appartiendraient. Ils jouent, comme si le vêtement, signe de l’identité de la personne, pourrait passer d’une appartenance à une autre, sans que l’on se soucie de l’appartenance réelle. Ils jouent et passent ainsi à côté de la personne elle-même, de la personne réelle du Christ à qui toute vie appartient.

Aujourd’hui les politiques se veulent rassurantes. Elles ne veulent plus passer à côté de la réalité. Elle veulent s’occuper de l’appartenance réelle de nos moyens financiers. La voix prophétique de la vocation diaconale de nos Eglises sera plus que jamais nécessaire pour mettre de côté nos jeux d’argent et spéculations hasadeuses, afin de laisser la place à la présence réelle du Ressuscité. Une voix qui appelle le politique et la finance aux solidarités réelles au nom du Christ.

Jan Albert Roetman