Église Réformée de France

du 16 au 30 septembre - Une rentrée sous le signe de la bénédiction ?

 

La rentrée ! Avec le calendrier scolaire, Septembre est le mois de la rentrée pour les élèves, les étudiants, les enseignants et pour bon nombre d’entre nous après un temps de vacances.
La rentrée est souvent sous le signe de l’organisation, des bonnes résolutions, de la reprise des activités, de la découverte (nouvelles classes, nouveaux amis...), bref un certain entrain avec sa part d’enthousiasme et de stress mélangés, un élan d’espoir pour une année qui redémarre.

Pour ma part, je retiens un seul mot pour cette rentrée. Un seul mot pour chacun, chacune, à décliner sous toutes les formes, sur tous les tons, sans exclusive et sans retenue : bénir.
Le mot est peut-être un peu désuet, renvoie à des formules rituelles, et pourtant il fait partie des plus beaux mots de l’histoire humaine.

Bénir, c’est dire du bien : je te dis du bien, des paroles qui te font du bien, paroles de réconfort, de consolation, d’encouragement, de libération...
Bénir, c’est dire du bien de toi : je dis du bien de toi, je pense du bien de toi et je le dis à d’autres, je te valorise parce que je te reconnais dans ce que tu as d’unique et de précieux.
Bénir c’est faire du bien : je te fais du bien par mes paroles, par mon attitude, par mes actes, je ne te veux aucun mal mais au contraire du bien, je ne t’abandonne pas, je te protège, je t’accompagne.

Bénir engage, ce ne sont pas de simples paroles. Bénir implique toute la personne qui bénit dans ce qu’elle est, dans ce qu’elle dit et dans ce qu’elle fait. Bénir ne supporte aucun écart entre la parole et l’acte sinon pointent très vite la déception, la colère peut-être, le rejet que ce soit avec son prochain ou même dans notre rapport à Dieu : il n’est pas rare d’entendre « si Dieu est bon et tout puissant, pourquoi permet-il la souffrance, la mort, les catastrophes en tout genre, ou encore pourquoi ces malheurs m’arrivent à moi ? »...

Qui peut bénir ? Quiconque, ce n’est pas réservé à Dieu. Quiconque mais à une seule condition : la bénédiction n’a de sens, de contenu et d’efficacité que si celui qui bénit est aussi celui qui aime.
On ne peut véritablement bénir, dire du bien et faire du bien, qu’à celles et ceux qu’on aime réellement. Et c’est pourquoi être béni fait vivre : celui qui est béni est aimé, reconnu, il peut avancer sans peur dans la vie, poser et reposer sa vie en celui qui bénit, le socle est solide.
Il y a dans la bénédiction quelque chose d’absolu, de radical qui ne supporte ni la tiédeur, ni l’hésitation. Et paradoxalement, elle est une force qui se traduit ni par la violence, ni par le zèle fougueux de la passion mais par l’harmonie, la tendresse, la paix, l’abondance, la sagesse, la joie...

L’évangile -la bonne nouvelle- est de nous dire que le Dieu que Jésus-Christ fait connaître est un Dieu qui bénit parce qu’il aime chacun d’un amour total.
Chacun est reconnu comme choisi, unique et précieux à ses yeux. C’est le sens même de l’élection pour Dieu ; il n’est pas question d’exclure certains pour en choisir d’autres. Nous ne sommes pas perçus comme une masse humaine, perdus dans une foule, anonymes, interchangeables...chacun est choisi en tant qu’être unique, irremplaçable, appelé à côtoyer Dieu, à le tutoyer, à vivre dans sa proximité, dans sa présence. C’est possible parce que Lui nous a aimés le premier et fait de chacun son bien-aimé.
Ainsi la vie chrétienne consiste à vivre des bénédictions de Dieu en bénissant nous-mêmes celles et ceux qui croisent notre route.

Bonne rentrée !

Pasteur Anne-Laure Danet
Secrétaire nationale à l’animation chargée de la formation