Église Réformée de France

du 1er au 15 avril : Abstention, un silence parlant ?

 

Nous sortons de l’élection des conseillers régionaux, « dernière élection importante avant les présidentielles » a-t-on dit et son résultat, ont écrit des journaux est « la victoire de l’abstention », « le plus grand parti de France » pour ces élections. C’était assez comique d’entendre les politiques se succéder pour interpréter ce silence des urnes et affirmer : « voici ce qu’ont voulu dire les français ». Bien sûr, à chaque fois, la personne avait une interprétation qui signifiait que l’abstention visait l’adversaire politique et, par ce biais, lui disait ses quatre vérités. Aucun, si je ne me trompe, n’a balayé devant sa porte pour comprendre ce silence comme un rejet de la manière dont la politique est vécue dans tous les partis.

Quelle est la perception du citoyen ? Malheureusement, mais aussi parce que ce sont des faits qu’il ne faut pas passer sous silence, cette perception est surtout nourrie de ce que l’information fait ressortir et qui frappe les consciences, tout ce qui est négatif dans les comportements des politiques : rivalités, prébendes, passe-droits, magouilles, etc. Tout cela fait que la politique qui est bonne et utile pour la société est rendue mauvaise : la politique qui est l’exercice de l’autorité dévolue à quelques uns pour le bien de tous, semble n’être plus que la recherche et l’obtention du pouvoir de quelques uns pour leur égo et au service de ceux dont ils sont proches. Cette perception est un peu caricaturale parce que, comme toute caricature, elle fait ressortir certains traits ; cependant peut-on espérer que ceux qui agissent différemment de cette caricature puissent faire évoluer, faire changer les choses ? Pour que la politique retrouve sa santé, je crains qu’il soit nécessaire qu’il y ait encore quelque chose qui se passe et qui renvoie les politiques à un changement profond et à une autre compréhension de l’autorité. L’humain a du mal à apprendre du passé et de l’histoire.

L’autorité est liée à la soumission, c’est-à-dire la mission sous une Autorité qui nous dépasse, qui est plus large que soi et dont on est serviteur. Dans la Bible et pour le chrétien, c’est Dieu qui est cette Autorité ; pour d’autres cela pourra être une autre entité dans une autre religion ou un concept ailleurs. Plus cette Autorité est large, englobante, plus l’action de celui qui lui est soumis, sera au service de la totalité et plus il sera nécessaire de faire un travail régulier de réflexion, d’approfondissement, d’humilité et de choix. Cette nécessité vient du fait que la responsabilité est avant tout morale et donc d’autant plus exigeante qu’elle engage la personne tout entière. Ce n’est pas un chemin de facilité mais une exigence forte dont les conséquences seront toujours positives. C’est une dimension que je trouve présente dans les Béatitudes.

3 Heureux les pauvres de cœur : le Royaume des cieux est à eux.
4 Heureux les doux : ils auront la terre en partage.
5 Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés.
6 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice : ils seront rassasiés.
7 Heureux les miséricordieux : il leur sera fait miséricorde.
8 Heureux les cœurs purs : ils verront Dieu.
9 Heureux ceux qui font œuvre de paix : ils seront appelés fils de Dieu.
10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice : le Royaume des cieux est à eux.

La Bible, Évangile de Matthieu chapitre 5 versets 3 à 10
Guy Balestier-Stengel