Le 16 mai prochain, mon mandat à la présidence du Conseil national de l’Eglise réformée de France prendra fin, ... et après 42 ans de ministère pastoral, je pourrai enfin entrer dans le temps de la retraite !
On m’a souvent posé la question de savoir à quoi servait un président de l’ERF, et après 9 ans de mandat, j’ai toujours de la peine à l’expliquer. C’est d’ailleurs bien plus facile de dire ce qu’il n’est pas !
Il n’est pas un évêque au sens hiérarchique du terme, car il n’a pas grand pouvoir de décision dans l’Eglise - contrairement à ce qu’on croit parfois - à part celui d’essayer de convaincre, de mettre ensemble, et de temps en temps, avec le conseil national, de tenter une nouvelle démarche de conciliation quand un conflit local n’a pu être régionalement résolu.
Il n’est pas un PDG détenant son autorité d’un conseil d’administration, mais plutôt l’animateur ou le pivot (celui qui doit "tenir bon") d’une équipe diverse qui entre les sessions du synode national - instance de gouvernement de l’Eglise réformée de France - le représente et, en quelque sorte le continue...
Il n’est surtout pas un "pape protestant" - comme dit parfois en plaisantant ! - pour maintenir la vraie foi, ou la vraie vie chrétienne, mais plutôt un "ministre" de la communion et de l’unité, à l’écoute et au service des frères et sœurs pour que nous confessions ensemble notre foi au Christ et que nous nous engagions de manière solidaire dans la mission qui nous est confiée.
Bref, quelqu’un entre le voyageur de commerce - chargé de représentation des uns devant les autres -, l’homme à tout faire - vers qui remonte tout ce que les autres n’ont pas pu faire - et le berger - sans cesse mobilisé pour la brebis perdue... ou de garde face aux loups qui rôdent... Avec, de temps en temps - dans notre univers d’images - un rôle de "pot de fleurs" : il faut être là... pour faire joli sur la photo...
Inutile ? Sans doute, comme le serviteur qu’il n’a fait que son boulot (Luc 17.7-10). Mais au service du Seigneur dont l’autorité est de donner à chacun la liberté, la confiance, le courage pour être comme pour agir.
Merci de ce que j’ai reçu au travers de ce ministère !
Pardon pour ce qui a été raté.
Et priez pour celui qui, avec le nouveau conseil national, va recevoir cette charge : recevez le - non comme une "autorité" de ce monde - mais comme un serviteur du Christ.
Marcel Manoël