La loi de séparation de 1905 a mis fin en France (hors départements concordataires) au subventionnement des cultes par des fonds publics : depuis lors, ce sont les fidèles, par leurs offrandes, qui procurent à l’Église Réformée l’essentiel de ses moyens matériels.
Intégrée au système presbytérien-synodal, l’organisation financière repose sur les idées de responsabilité et de solidarité. L’Église locale (association cultuelle) est ainsi directement responsable du financement de ses frais et activités propres (bâtiments, dont presbytère éventuel, catéchèse, véhicule pastoral, courrier, téléphone ...), ainsi que du paiement à la Région d’une somme fixée annuellement par le synode régional (souvent appelée cible). La modulation de ces contributions entre les différentes Église locales permet entre elles l’exercice d’une importante solidarité (l’échelle va de sommes symboliques jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’Euros)
L’ensemble de ces cibles, dont la gestion est confiée par les synodes régionaux à chaque conseil régional, permet l’exercice des responsabilités financières régionales : rémunération des pasteur(e)s de la région (ministres du culte) selon les règles communes fixées par le synode national, contribution au budget national de l’ERF (dont le montant, fixé par le synode national, intègre une réelle solidarité entre régions), financement de l’animation régionale et d’actions de solidarité dans la région, frais de structure.
La somme des contributions des huit régions, gérée par le synode national et son conseil exécutif (le conseil national), est destinée pour l’essentiel au financement des compléments de retraites (pensions directes et réversions), de la formation théologique, des organismes partenaires (Fédération Protestante, missions, etc.) et de la structure administrative de l’ERF (qui est de ce point de vue l’équivalent d’une PME de 400 personnes).
Car, comme nous l’explique un responsable d’église assez connu*, il s’agit, non de vous exposer à la détresse pour soulager les autres, mais de suivre une règle d’égalité : dans la circonstance présente votre superflu pourvoira à leurs besoins, afin que leur superflu pourvoie pareillement aux vôtres, en sorte qu’il y ait égalité, selon qu’il est écrit : Celui qui avait ramassé beaucoup n’avait rien de trop, et celui qui avait ramassé peu n’en manquait pas.
* Paul, dans 2 Corinthien 8, v. 13-15
2 Corinthiens 8, v. 3 : Ils ont, je l’atteste, donné volontairement selon leurs moyens, et même au delà de leurs moyens ...